22 novembre soutenance de thèse de Maxime Lafont

Mercredi 22 novembre à 14h en amphithéâtre 1, bâtiment D du campus de Perpignan, Maxime Lafont soutiendra sa thèse intitulée

« Mécanismes et spécificité du priming immunitaire antiviral chez un Lophotrochozoaire, l’huître creuse Crassostrea gigas »

devant un jury composé de :
Mme Christine Braquart-Varnier (rapporteur)
Mme Christine Coustau (rapporteur)
M Yannick Labreuche (examinateur)
M Guillaume Mitta (examinateur)
Mme Caroline Montagnani (Directrice de thèse)
M Benjamin Gourbal (Co-directeur de thèse)

Résumé
Depuis 2008, des épisodes de surmortalité massive d’origine multifactorielle, affectent les élevages de juvéniles d’huître creuse Crassostrea gigas à l’échelle mondiale dont le virus ostreid herpesvirus type 1 (OsHV-1) peut être considéré comme un des agents pathogènes majeurs. L’immunité des huîtres, comme pour l’ensemble des invertébrés, repose sur un système immunitaire inné et a longtemps été considéré comme très peu spécifique et dépourvu de capacité mémorielle. Cependant, ces dernières années, cette vision simpliste de l’immunité des invertébrés a pu être remise en question par l’intermédiaire d’études ayant démontré l’existence d’une réponse immunitaire spécifique et mémoire. Cependant les connaissances sur les mécanismes sous-jacents à ces phénomènes restent encore aujourd’hui extrêmement fragmentaires. Dans le cadre de cette thèse, l’objectif était de caractériser le priming immunitaire antiviral ainsi que ses mécanismes chez l’huître creuse face au virus OsHV-1. En stimulant les huîtres avec un agent mimétique viral, le poly(I:C), les résultats de ces travaux ont montré que cette molécule protégeait spécifiquement contre l’OsHV-1 en améliorant le taux de survie des huîtres de près de 100%, mais ne protégeait pas d’infections bactériennes à Vibrio tasmaniensis LGP32. Cette protection est efficace en milieu contrôlé comme en milieu naturel sur le long terme, pour une durée minimale de 5 mois, permettant de protéger les huîtres d’un épisode de mortalité. Une approche transcriptomique globale (RNA-seq) a permis d’identifier différentes voies de signalisations immunitaires antivirales différentiellement régulées suite à la stimulation par le poly(I:C). Les profils de régulation de ces transcrits présentent une expression majoritairement maintenue dans le temps, pendant au moins 10 jours, ce qui pourrait expliquer la protection observée. L’ensemble de ces résultats montre l’existence d’un phénomène de priming immunitaire antiviral efficace chez un mollusque Lophotrochozoaire et apporte une contribution à la compréhension des mécanismes moléculaires sous-jacents à ce phénomène. Ces travaux ont permis d’apporter des pistes de sortie de crise pour la filière ostréicole jusqu’alors inexplorées.

 

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