MIMM/Adaptabilité/STAR

STAR

Stimulation antivirale chez l’huître Crassostrea gigas

Financement « InO’idées 2019 – Faire émerger les innovations de demain » de l’Ifremer

Coordinateur : C. Montagnani (IHPE) et Benjamin Morga (Ifremer la Tremblade)

L’huître creuse Crassostrea gigas est la principale espèce d’huître produite dans le monde; l’ostréiculture française occupant la 1ère place européenne et la 4ème place mondiale. Des épisodes de mortalités massives sont rapportés partout où cette espèce est cultivée et en France depuis son introduction dans les années 70. Depuis 2008, les cas de mortalités d’huîtres se sont amplifiés, touchant les stades juvéniles de moins d’un an (appelés naissains), sur tous les bassins ostréicoles français, et conduisant à des taux de mortalité de 60 à 100%. Bien que d’étiologie complexe et d’origine multifactorielle, ces mortalités massives ont été associées à l’augmentation de la température et au développement d’une infection virale liée à un variant du virus OsHV-1 (Ostreid Herpes Virus 1), variant appelé µVar.

Les conséquences économiques et environnementales majeures de ces mortalités pour la filière ostréicole motivent de nombreux travaux pour lutter contre ces phénomènes récurrents. A l’heure actuelle, les solutions proposées reposent pour beaucoup sur des programmes de sélections génétiques et il n’existe aucun traitement ou méthode prophylactique pour gérer ces mortalités.

Cependant, des travaux récents ont montré qu’un traitement préalable (priming) par des acides nucléiques (en particulier le poly(I :C)), conduit à une protection efficace des huîtres (jusqu’à 100%) face à une exposition ultérieure au virus en laboratoire mais aussi en milieu naturel lors d’épisodes de mortalité. Cette protection est persistante dans le temps (jusqu’à cinq mois), suggérant l’existence chez l’huître de mécanismes de mémoire immunitaire innée chez l’huître (Green and Montagnani 2013, Lafont et al. 2017, Pauletto et al. 2017). Bien que difficilement applicable,  pour des questions d’ordres techniques (coût élevé, bio-sécurité), éthiques ou sanitaire, ces travaux ont permis d’identifier de nouvelles pistes d’applications pour limiter la mortalité des huîtres en élevage. Dans ce contexte, le projet STAR propose de développer des méthodes alternatives de protection antivirale et le développement de « pseudo-vaccins » applicables au sein des fermes sur les stades larvaire ou juvénile pour améliorer la survie des huîtres face aux évènements de mortalité en milieu naturel.