MIMM/Adaptabilité/PROVIGAS

PROVIGAS

Protection antivirale chez l’huître Crassostrea gigas

 

AAP « chercheur(se) d’avenir » – région Occitanie- 2014-2017
Coordinatrice : C. Montagnani
Au cours de la dernière décennie, un changement de paradigme s’est dessiné dans le  domaine de l’immunologie portant de nouveaux concepts au-delà des modèles communément acceptés autour du clivage entre l’immunité innée et acquise. De nombreuses découvertes ont mis en évidence, chez un large éventail d’invertébrés, l’existence d’une mémoire immunitaire innée (appelée priming immunitaire) conduisant à une survie améliorée lors d’une seconde rencontre avec un pathogène. Les travaux coordonnés dans le cadre du projet PROVIGAS ont entrepris de caractériser ce phénomène de priming immunitaire chez l’huître Crassostrea gigas. Cette espèce est actuellement victime de mortalités massives récurrentes sans traitement thérapeutique existant. Ce syndrome, d’étiologie complexe, implique différents types de pathogènes, dont un pathogène émergent, le virus de type herpès OsHV-1 µVar. Nos résultats ont montré qu’un traitement préalable (priming) par un analogue synthétique d’ARN double brin, appelé poly (I: C), conduisait à une protection efficace des huîtres (jusqu’à 100%) face à une exposition ultérieure au virus en laboratoire mais aussi en milieu naturel, lors d’épisodes de mortalité. Cette protection s’est avérée être persistante dans le temps (jusqu’à cinq mois), suggérant l’existence de mécanismes de mémoire immunitaire innée. L’étude des bases moléculaires de ce phénomène a révélé que ce priming reposait sur le déclenchement d’une importante réponse immunitaire antivirale limitant la réplication du virus, permettant ainsi la protection des huîtres. Cette étude a ainsi permis d’apporter de nouveaux arguments sur ces nouveaux concepts de mémoire immunitaire innée mais aussi d’identifier de nouvelles pistes d’applications pour limiter l’apparition de mortalités des huîtres en élevage. Ces travaux soulignent l’apport essentiel de la recherche finalisée pour formuler des réponses aux grandes problématiques actuelles relatives à la santé des invertébrés marins et l’optimisation raisonnée des productions aquacoles.

© C. Montagnani